La paranageuse Anne Petetin enregistre un record canadien

Anne Petetin + entraineuse

Anne Petetin pratique la natation depuis son plus jeune âge. Son handicap, l’arthrogrypose, ne l’empêche certainement pas de se surpasser, elle qui vient tout juste de battre le record canadien au 400 mètres quatre nages dans sa catégorie, avec un temps de 8 minutes et 40 secondes. Une fierté pour la jeune athlète et son regroupement, le Club aquatique régional de L’Érable (CARE). Elle est d’ailleurs la seule paranageuse de catégorie S6 dans la région, selon son entraîneure.  

Ayant réalisé plusieurs compétitions au sein du Réseau du sport étudiant du Québec, Anne porte maintenant les couleurs du CARE, en plus de celles de l’école secondaire Sainte-Marie, à Princeville. « J’ai commencé sur le circuit régional, avec les plus jeunes. Il n’y avait pas beaucoup de paranageurs, peut-être deux ou trois. Je n’avais pas encore ma classification S6, S1 étant les athlètes avec un handicap plus lourd et S10 moins lourd, alors je nageais avec les autres, j’étais simplement considérée comme une paranageuse. J’avais quelques exceptions, par exemple, j’avais droit à ce qu’on me tienne les hanches lors de la plonge », a-t-elle expliqué.

Originaire de Saint-Rosaire, elle se passionne depuis toujours pour la natation. C’est sa grande sœur, en intégrant le club de nage de son école, qui lui a donné la piqure. Aujourd’hui en cinquième secondaire, elle vise un parcours collégial en sciences humaines, profil intervention sociale. « J’aimerais beaucoup continuer la nage pendant mes études, aller plus loin. L’an prochain, je compte intégrer les Vulkins du Cégep de Victoriaville et aussi continuer au CARE. J’aimerais ça un jour me rendre aux paralympiques », a-t-elle confié. 

Un nouveau record canadien
C’est lors d’une compétition amicale intraclub, tenue récemment, que la jeune athlète a réussi à battre le record canadien (9 minutes et 32 secondes) au 400 mètres quatre nages. Ça a été une grande surprise pour son entraîneure, Emmy Désilets. « Le jour avant la compétition, j’ai regardé les records précédents et je me suis dit que je serais capable d’aller le chercher. J’ai annoncé la veille de la compétition à mon entraîneure mon intention. Les records ne sont pas nécessairement sur ma liste, c’était davantage pour me surpasser et développer ma technique. Je suis très fière », a raconté Anne Petetin. « Ça démontre un bel avenir en tout cas », a ajouté son entraîneure.

La jeune nageuse affirme que son handicap ne la limite que très peu au quotidien. L’arthrogrypose implique, dans son cas, l’affectation des deux bras en matière de force. « Je ne nage pas avec mes bras puisqu’ils ne sont pas assez forts. Le seul moment que je les utilise, c’est au départ au dos lorsque je dois me tenir. Ça ne me bloque pas, je trouve toujours une adaptation », a-t-elle précisé.

Un parcours qui en dit long sur la grande passion et le dépassement dont fait preuve Anne Petetin. Elle s’entraîne trois fois par semaine, pendant près de deux heures chaque fois. « Pour moi, l’important est d’écouter les conseils des autres et de vouloir progresser. Je dirais que c’est de bien s’entourer et d’aimer ça. De ne pas seulement se concentrer sur les performances, mais aussi sur tout le processus », a conclu la paranageuse.

Source : Texte de Marion Carey, lanouvelle.net, 27 février 2026
Vignette : Anne Petetin et son entraîneuse Emmy Desilets
 (Photo www.lanouvelle.net)