Quand un roman plessisvillois prend vie au grand écran

Maël Bédard

Le film Murmures d’arbres est l’adaptation du premier roman de l’auteur Maël Bédard, originaire de Plessisville. Il s’est inspiré de sa ville natale pour écrire son livre, et il a aussi tenu à ce que le tournage se fasse dans sa région.

La forêt qui a tout déclenché
Le premier roman de l’auteur est très inspiré de sa ville natale. « J’écris des livres de Plessisville pour les gens de Plessisville », lance-t-il.

La forêt derrière la maison de ses parents est l’endroit qui l’a le plus inspiré. À l’époque, son frère et lui s’inventaient des histoires où il se passait des choses étranges dans cette forêt. C’est ce qui a, dans un sens, éveillé sa créativité.

Du livre au long métrage
Après plus de 300 exemplaires vendus en date de mars 2026, c’est maintenant à l’écran que son histoire pourra être revisitée. Il y a quelques années, Maël Bédard avait contacté Étienne Masse, de BR Production, pour produire une bande-annonce afin de promouvoir son roman. Au fil des discussions, ils se rendent compte qu’il y a du potentiel pour faire bien plus. L’idée d’un film émerge.

Au départ, Maël pense à un court métrage de 20 ou 30 minutes. À force d’écrire le scénario avec l’équipe de BR Production, ils réalisent que, pour offrir un produit intéressant et surtout fidèle à l’œuvre de base, il leur faut un long métrage. C’est ainsi que Murmures d’arbres, l’adaptation de Forêt Noire, prendra vie au cinéma.



C’est le rêve de plusieurs auteurs que Maël vit en ce moment. De voir vivre les personnages de son roman, de les voir évoluer : c’est toute qu’une fierté.

Tournée à la maison
Quelques scènes ont été filmées dans la forêt derrière la maison de ses parents, là où l’histoire a vu le jour. Jimmy Vigneault a aussi prêté sa forêt pour le tournage. Plusieurs endroits ont également été sélectionnés pour certaines scènes.

« On a commencé le projet avec le soutien des petites entreprises du coin. Je trouve ça bien, par respect pour ces gens-là, qu’on tourne ça dans leur ville, dans leur coin, autant pour l’histoire du livre, pour mon histoire à moi, pour l’histoire des gars (de BR Production). C’est quelque chose qui me tenait à cœur. Le maximum qu’on pouvait filmer à Plessisville, on l’a fait. »

Plusieurs figurants viennent d’ailleurs de la région. Des entreprises locales ont soutenu le projet par des dons en argent, tandis que certains restaurants ont nourri l’équipe de tournage.

Où voir le film
Murmures d’arbres sera projeté au Cinéma Le Clap de Sainte-Foy le 22 octobre à 19 h, au Cégep de Victoriaville le 24 octobre à 13 h 30 et au Cinéma Beaumont le 14 novembre à 13 h 30.

Parcours littéraire
Maël Bédard est un auteur plessisvillois qui a deux romans à son actif. C’est lors de son quatrième secondaire à la Polyvalente La Samare qu’il commence à écrire. Après 4 ans d’écriture, il termine son premier récit, qui s’intitule Forêt Noire, publié en 2023.

Ce livre est un mélange de mystère, d’horreur et d’enquêtes et l’histoire se passe dans sa région, là où il habite. Le personnage principal tente de rendre son père fier et de bâtir une relation avec lui. Il s’inspire également des défis de sa vie pour faire évoluer les personnages. Le récit tourne autour de la disparition de 5 jeunes dans une forêt.

Son deuxième roman, Institut Polaris, sort en 2026. La thématique tourne cette fois autour des défis des grandes écoles et de l’importance de ne pas se perdre à travers cette vie. Le personnage principal se retrouve dans son univers angoissant.

Dans les deux cas, il s’inspire de sa vie et de ses défis pour faire évoluer son personnage principal dans un univers angoissant et sombre. Lors de l’écriture, il y met une dimension personnelle selon l’époque de sa vie et les défis qu’il traverse, il va le retranscrire. « C’est comme une mini thérapie », déclare-t-il.

Publier seul
Le roman a été publié à compte d’auteur après être passé par un processus éditorial. Les deux romans de l’auteur sont disponibles sur Amazon.

« Ç’a été impressionnant, c’est quand même un moment émotif. La concrétisation d’un projet qui a pris plus de 4 ans à voir le jour, c’est sûr que de tenir la première copie dans mes mains, c’était impressionnant. »

Une fois le livre publié, la bibliothécaire de la polyvalente de l’époque a acheté des exemplaires pour les mettre dans la bibliothèque. Des enseignants l’ont aussi lu et lui ont donné des critiques constructives, ce qui l’a aidé à améliorer ses projets suivants.

Inspirer la relève
Pour Maël, certains compliments touchent plus que d’autres. « J’ai rencontré une personne qui m’a dit : tu m’as motivé à commencer à écrire. C’est une phrase différente que de se faire dire “J’ai aimé ton livre”, c’est un petit step au-dessus. »

Son conseil à ceux qui voudraient se lancer : ne pas se forcer pour écrire. « Il ne faut pas trop réfléchir. Il ne faut pas se prendre la tête, se mettre de pression, parce que la seconde que tu le fais, tu n’écris plus pour le plaisir, mais pour performer. C’est le meilleur moyen de foncer dans un mur », dit-il.

Selon lui, on a besoin d’une jeunesse qui reprend le flambeau, qui s’implique dans la culture et dans sa communauté. « Foncez et appliquez-vous dans ce que vous aimez », conclut-il.

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Source : Texte de Marilyne Laurendeau, lanouvelle.net, 9 octobre 2026