Tuer les attentes

Par Mary Claude Savoie

Voilà des mots un peu choc, presque violents. Pourtant, ils ont été prononcés dans le cadre d’un dîner-conférence du CLD de L’Érable le 4 février dernier et ils avaient tellement de sens! Ils devenaient l’objectif idéal de tout entrepreneur dirigeant visionnaire, de tout cadre engagé, de tout employé consciencieux… 

Lors de cette conférence sur l’excellence manufacturière, je n’ai pas tout retenu, mais ces mots « tuer les attentes » ont particulièrement eu de l’impact sur moi. 

Selon des chiffres présentés par le conférencier Jean-Pierre Dubé, le Québec compterait 350 entreprises (sur 12 000) qui possèdent leur propre produit. Les entreprises oeuvrant en sous-traitance sont donc majoritaires - et encore plus fragiles - si on pense à la forte concurrence auxquelles elles sont soumises. 

Jean-Pierre Dubé, ingénieur et consultant, a très bien expliqué qu’une entreprise était à l’image d’une course à relais. Le mouvement est un signe d’efficacité. Ainsi, moins il y a de bâtons qui passent de main à main, meilleure est l’entreprise. 

Travailler sur les délais

En fait, le CLD de L’Érable réalise depuis quelques mois un projet qui vise à augmenter l’efficacité et la productivité des entreprises avec M. Dubé. L’exercice réalisé dans le cadre du projet Lean Manufacturing consiste d’abord à identifier où sont les attentes (les pertes de temps) et à chercher à les tuer. Des pièces qui reposent sur des palettes, par exemple, demeure un signe d’attente. Attention à l’automatisation! Elle ne règle pas nécessairement tout, mais déplace parfois le problème.

*Sur l’image, les attentes inutiles sont identifiées par les activités à non-valeur ajoutée.


Pour réussir à augmenter la productivité, l’exercice peut également consister à tuer des projets (retenir les plus intéressants, les plus productifs, les plus motivants) et ainsi s’assurer de les réaliser vraiment, à partir d’un échéancier réaliste et qui sera respecté.

Miser sur d’excellents processus et non sur d’excellents employés

Quand un dirigeant réfute la faute de l’improductivité à ses employés, le contraire est plus souvent applicable! Il faudrait, selon M. Dubé, que les entreprises misent davantage sur leurs processus que sur la qualité de leurs employés. 

Citation de Fujio Chu, ex-pdg de Toyota

« Nous obtenons d’excellents résultats avec des employés moyens qui travaillent avec d’excellents processus. Mais nous observons que la plupart des entreprises obtiennent de mauvais résultats avec d’excellents employés qui travaillent avec de mauvais processus. »

Au cours de la conférence, M. Dubé a insisté sur l’importance de la première étape, soit réaliser la réflexion stratégique (mission, valeurs, orientations, objectifs, etc.). 

Il a également souligné l’importance de miser sur UN élément distinctif (COÛT, TEMPS, QUALITÉ, PERFORMANCE, INNOVATION ET FLEXIBILITÉ), c’est-à-dire être bon à partir de l’UN de ces critères et ne pas tenter d’être « moyen dans tout ».

Il ne faut pas oublier que chaque usine a ses particularités, il faut réaliser l’exercice au cas par cas et ne pas croire que la PME, même la plus petite, aura plus de difficultés à atteindre l’objectif. La grande entreprise aurait besoin de 20 à 30 ans d’efforts pour améliorer considérablement ses processus alors que la petite entreprise est le plus souvent ouverte au changement.

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